Pourquoi je finis mes journées vidée physiquement

28/01/2026
7 min de lecture
Préserver son énergie et sa santé physique

Vous ouvrez la porte de chez vous en fin de journée et vous avez à peine la force de retirer vos chaussures.

Votre corps pèse une tonne, vos jambes ne vous portent plus vraiment, et l'idée même de préparer le dîner ou de vous occuper de quoi que ce soit vous semble insurmontable.

Vous vous effondrez sur le canapé avec cette sensation d'avoir été complètement vidée de toute votre énergie.

Ce n'est pas juste de la fatigue ordinaire après une journée de travail.

C'est quelque chose de plus profond, de plus intense, de plus envahissant.

C'est une fatigue spécifique au métier d'animatrice en EHPAD, un mélange particulier d'épuisement physique, mental et émotionnel que seules celles qui font ce métier peuvent vraiment comprendre.

Vous ouvrez la porte de chez vous en fin de journée et vous avez à peine la force de retirer vos chaussures.

Votre corps pèse une tonne, vos jambes ne vous portent plus vraiment, et l'idée même de préparer le dîner ou de vous occuper de quoi que ce soit vous semble insurmontable.

Vous vous effondrez sur le canapé avec cette sensation d'avoir été complètement vidée de toute votre énergie.

Ce n'est pas juste de la fatigue ordinaire après une journée de travail. C'est quelque chose de plus profond, de plus intense, de plus envahissant.

Ce n'est pas cette fatigue satisfaisante qu'on ressent après un effort physique intense comme une bonne séance de sport. Ce n'est pas non plus cette fatigue mentale qu'on peut avoir après une longue journée de concentration devant un ordinateur.

C'est une fatigue spécifique au métier d'animatrice en EHPAD, un mélange particulier d'épuisement physique, mental et émotionnel que seules celles qui font ce métier peuvent vraiment comprendre.

Et le pire, c'est que vous culpabilisez probablement de ressentir cette fatigue aussi intense.

Vous vous dites que vous ne devriez pas être si épuisée alors que vous ne faites « que de l'animation ».

Vous regardez les aides-soignantes qui portent les résidents, qui les lavent, qui font des gestes techniques bien plus physiques que les vôtres, et vous vous dites qu'elles auraient plus de raisons que vous d'être fatiguées.

Vous minimisez votre propre épuisement en vous répétant que votre travail n'est quand même pas si physique que ça.

Mais laissez-moi vous dire quelque chose d'important : cette fatigue que vous ressentez est parfaitement légitime et elle a des causes très concrètes que vous devez comprendre pour pouvoir agir dessus.

Aujourd'hui, nous allons d'abord rapidement comprendre d'où vient vraiment cette fatigue spécifique des animatrices, puis nous passerons immédiatement à la pratique pour que vous puissiez identifier précisément vos propres sources de fatigue et surtout ajuster concrètement une habitude quotidienne qui fera vraiment la différence.

La fatigue spécifique des animatrices

Avant de passer aux outils pratiques, il faut que vous compreniez rapidement d'où vient cette fatigue si particulière que vous ressentez, parce que comprendre c'est déjà commencer à déculpabiliser et à agir.

Votre métier implique d'abord une charge posturale invisible que personne ne remarque vraiment.

Vous passez la majorité de votre journée debout à circuler entre les résidents, à installer et ranger le matériel, à vous baisser constamment pour vous mettre à hauteur des résidents qui sont assis alors que vous êtes debout.

Vous alternez sans cesse entre des positions debout, assise, penchée, accroupie, et ces changements constants sollicitent énormément vos muscles posturaux qui travaillent en permanence pour maintenir votre équilibre et votre stabilité.

Il y a aussi toute cette charge gestuelle répétitive qu'on ne voit pas dans les bilans d'activité.

Vous préparez vos animations en découpant, collant et installant du matériel, vous manipulez tables, chaises et matériel d'animation plusieurs fois par jour, et vous aidez même physiquement certains résidents à se déplacer ou à réaliser les activités en les soutenant, en les guidant.

Tous ces gestes fins et précis sollicitent vos muscles des bras, des épaules et du dos de façon répétée, et à la fin de la journée votre corps a accumulé une vraie fatigue musculaire.

Sans oublier cette mobilité permanente qui vous oblige à parcourir l'établissement dans tous les sens.

Vous allez chercher les résident.e.s dans leurs chambres parfois situées à différents étages, vous circulez entre la salle d'animation, la salle à manger, les couloirs, vous montez et descendez des escaliers plusieurs fois par jour.

Vous n'êtes jamais vraiment assise longtemps, et cette mobilité constante use progressivement votre énergie physique même si chaque déplacement pris isolément ne semble pas très fatigant.

Mais votre fatigue ne vient pas que de votre corps, elle vient aussi massivement de votre tête et de votre cœur.

Vous êtes en état d'hypervigilance permanente pendant toutes vos animations.

Vous surveillez constamment la sécurité de chacun pour éviter les chutes ou les accidents, vous anticipez les risques de conflit entre résidents, vous restez attentive aux moindres signes de fatigue ou de malaise chez les participants.

Cette vigilance constante mobilise intensément votre système nerveux qui reste en état d'alerte pendant des heures, et cette tension nerveuse finit par épuiser votre corps aussi sûrement qu'un effort physique intense.

Et puis il y a toute cette charge émotionnelle qui se somatise dans votre corps.

Vous absorbez quotidiennement la tristesse, l'angoisse et parfois la colère des résidents. Vous devez rester souriante, dynamique et positive même les jours où vous-même n'allez pas bien.

Vous devez gérer vos propres émotions face à la maladie, au déclin et à la mort qui rôde dans les couloirs.

Tout ce que votre mental encaisse, votre corps finit par le porter aussi, et c'est pour cela que vous pouvez vous sentir physiquement épuisée même les jours où vous n'avez objectivement pas fait beaucoup d'efforts physiques.

Ajoutez à tout cela la fragmentation permanente de votre attention quand vous gérez simultanément dix ou quinze personnes pendant une animation, que vous répondez à des sollicitations multiples en même temps, que vous devez adapter constamment votre animation selon les réactions diverses des participants.

Cet épuisement cognitif intense se traduit lui aussi en fatigue physique réelle et palpable. Et le pire, c'est que cette fatigue s'accumule jour après jour parce que votre récupération est souvent insuffisante.

Vous ne prenez pas de vraie pause dans la journée, vous mangez vite sans vraiment vous reposer, et le soir vous êtes souvent trop épuisée pour mettre en place une récupération de qualité.

Le week-end ne suffit pas toujours à effacer la fatigue accumulée de la semaine, et progressivement vous glissez vers un état d'épuisement chronique qui peut devenir dangereux si vous ne faites rien.

Maintenant que vous comprenez mieux d'où vient cette fatigue légitime et réelle, passons immédiatement à la pratique pour que vous puissiez agir concrètement sur votre situation personnelle.

Identifier VOS sources de fatigue personnelles

La première étape pour réduire votre fatigue est de savoir précisément d'où elle vient chez vous, parce que chaque animatrice a un profil de fatigue différent selon son corps, sa personnalité, son contexte de travail et les résidents qu'elle accompagne.

L'auto-diagnostic rapide en fin de journée

Commençons par un exercice très simple que vous allez mettre en place dès aujourd'hui.

Chaque soir avant de quitter votre lieu de travail, accordez-vous exactement deux minutes pour faire ce que j'appelle un « scan corporel rapide ».

Installez-vous assise dans un endroit tranquille, fermez les yeux si c'est possible, et scannez mentalement votre corps de la tête aux pieds en vous posant ces questions précises :

Où est-ce que j'ai mal exactement en ce moment ? Est-ce mon dos qui me tire ? Mes jambes qui sont lourdes ? Mes épaules qui sont tendues ? Ma nuque qui est crispée ? Ou bien est-ce ma tête qui tourne, qui est pleine, qui n'en peut plus ? Identifiez la ou les zones de votre corps qui crient le plus fort leur fatigue.

Ensuite demandez-vous quelle partie de vous est la plus fatiguée globalement : votre corps physique ou votre mental ? Si on vous proposait de rester allongée sans rien faire pendant une heure ou au contraire de faire une activité physique légère comme une promenade, qu'est-ce qui vous attirerait le plus spontanément ? Cette réponse vous indique quel type de fatigue prédomine chez vous aujourd'hui.

Et enfin, essayez de nommer en un ou deux mots ce qui vous pèse le plus : est-ce votre corps qui est épuisé physiquement, ou votre cerveau qui est saturé mentalement, ou vos émotions qui sont à vif ? Ne cherchez pas à analyser ou à comprendre pourquoi, contentez-vous de constater et de nommer ce qui est là.

Notez immédiatement ces observations, même de façon très succincte.

Un simple mot-clé suffit largement : « dos », « jambes lourdes », « cerveau saturé », « émotionnellement vidée », « tout à la fois ».

L'important n'est pas de faire de belles phrases mais de garder une trace de ce que vous ressentez avant que l'information ne s'efface de votre mémoire.

La grille d'observation sur une semaine complète

Maintenant nous allons aller un peu plus loin avec un outil qui va vous permettre de repérer vos patterns de fatigue sur une période plus longue.

Créez une grille d'observation très simple que vous allez remplir chaque soir pendant au moins une semaine, idéalement deux semaines pour avoir une vision plus complète.

Votre grille peut être très basique : une feuille avec cinq colonnes intitulées « Jour », « Moment de la journée », « Niveau de fatigue (léger/moyen/fort) », « Où dans mon corps » et « Quoi (activité ou événement) ».

Chaque soir, prenez trois minutes pour remplir cette grille en notant les moments clés de votre journée où vous avez ressenti de la fatigue significative.

Par exemple, un lundi typique pourrait ressembler à ceci : à 10h fatigue légère dans les jambes après être allée chercher tous les résidents un par un dans leurs chambres, à 14h fatigue moyenne dans le dos après l'atelier peinture où vous êtes restée debout penchée pendant une heure, à 17h fatigue forte dans la tête après avoir géré un conflit entre deux résidents et préparé l'animation du lendemain en urgence.

Remplissez cette grille le plus honnêtement possible, sans minimiser votre fatigue ni l'exagérer.

Notez aussi les bonnes journées où votre niveau de fatigue reste supportable et agréable, parce que ces journées-là vous donnent des indices précieux sur ce qui fonctionne bien pour vous.

L'objectif est de repérer des patterns récurrents : quels jours de la semaine êtes-vous systématiquement plus fatiguée ? Quelles activités spécifiques génèrent le plus d'épuisement chez vous ? À quels moments de la journée votre énergie chute-t-elle le plus ?

Analyser vos patterns personnels de fatigue

Au bout d'une semaine minimum d'observation, asseyez-vous calmement avec votre grille et analysez ce qui s'en dégage.

Quels moments de la journée reviennent systématiquement comme étant les plus épuisants pour vous ? Est-ce le matin quand vous allez chercher tous les résidents ? Est-ce l'après-midi pendant les animations longues ? Est-ce en fin de journée quand vous préparez le lendemain ? Identifiez vos moments critiques.

Regardez aussi quelles activités spécifiques génèrent le plus de fatigue chez vous.

Peut-être remarquez-vous que vous êtes systématiquement épuisée après les animations avec beaucoup de participants qui nécessitent une hypervigilance constante.

Ou bien vous constatez que les journées où vous enchaînez plusieurs activités sans aucune pause vous laissent complètement vidée.

Ou encore vous réalisez que ce sont surtout les journées émotionnellement chargées avec des résidents en grande souffrance qui vous épuisent le plus profondément.

Essayez également de déterminer quel type de fatigue prédomine chez vous globalement : est-ce plutôt une fatigue physique avec des douleurs corporelles localisées, ou plutôt une fatigue mentale avec une saturation cognitive, ou plutôt une fatigue émotionnelle avec un épuisement du cœur ? La plupart du temps c'est un mélange des trois, mais généralement l'une prédomine et c'est celle-là qu'il faudra cibler en priorité.

Maintenant, et c'est crucial, identifiez vos deux ou trois sources principales de fatigue qui reviennent le plus souvent dans votre grille.

Ne cherchez pas à tout changer d'un coup parce que ce serait insurmontable et vous abandonneriez rapidement.

Concentrez-vous sur les deux ou trois sources qui apparaissent le plus fréquemment, ce sont elles que nous allons travailler en priorité avec des ajustements concrets.

A suivre...

Cet article déjà bien long se poursuivra dans le suivant.

D'ici là, commencez à pratiquer l'exercice que nous venons de voir, et rendez-vous pour la suite très bientôt.

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