Vous arrive-t-il de vous réveiller le matin avec cette sensation sourde que quelque chose s'est éteint ?
Vous vous préparez pour aller travailler, vous enfilez votre tenue, vous prenez votre sac, et pourtant il y a ce poids dans la poitrine qui n'était pas là avant.
Ce métier qui vous faisait vibrer au début, qui donnait du sens à vos journées et vous faisait rentrer chez vous fatiguée mais le cœur content, ne produit plus le même effet aujourd'hui.
Quand le métier ne fait plus vibrer comme avant, le doute s'installe progressivement et insidieusement. Vous vous demandez si vous êtes encore à votre place, si vous faites bien votre travail, si vous ne devriez pas chercher autre chose.
Vous regardez vos collègues et vous vous demandez si elles ressentent la même chose ou si c'est juste vous qui êtes en train de perdre pied.
Cette perte de sens qui s'installe peu à peu vous fait peur, et peut-être même que vous culpabilisez de la ressentir.
Alors laissez-moi vous dire quelque chose de fondamental tout de suite : cette perte de sens n'est ni un échec personnel ni une faute professionnelle.
Ce n'est pas parce que vous n'êtes pas assez forte ou parce que vous ne savez pas faire votre métier correctement.
C'est simplement le signe que quelque chose dans votre parcours a besoin d'être regardé avec attention et bienveillance, comme on regarderait un chemin parcouru pour mieux comprendre où on en est aujourd'hui.
Cet article est une pause consciente que je vous propose de prendre ensemble.
Une pause pour regarder le chemin que vous avez parcouru depuis vos débuts dans ce métier, pour comprendre ce qui s'est passé entre votre premier jour plein d'enthousiasme et aujourd'hui où la motivation vacille parfois.
Une pause bienveillante, sans jugement, juste avec l'intention sincère de retrouver ce fil précieux qui vous relie à votre vocation première.
Au début, il y avait un élan
Fermez les yeux un instant et revenez à ce moment précis où vous avez décidé de devenir animatrice en EHPAD. Revoyez cette version de vous-même qui ne connaissait pas encore la réalité du terrain, qui ne savait pas à quel point ce serait parfois difficile, épuisant et décourageant.
Cette version de vous avait un élan, une motivation pure et sincère qui l'a poussée à choisir cette voie plutôt qu'une autre.
Ce qui vous a attirée vers l'animation en EHPAD
Qu'est-ce qui vous a vraiment attirée vers ce métier au tout début ?
Peut-être était-ce ce désir profond d'être utile à quelque chose qui compte vraiment et de sentir que votre travail quotidien avait un impact concret et visible sur la vie des autres. Quelque chose de tangible où vous voyez directement les résultats de vos actions dans les sourires des résident.e.s.
Peut-être était-ce cette envie d'être proche des gens, de créer du lien authentique avec des personnes qui ont tant d'histoires à raconter et tant de sagesse à partager.
Vous vous imaginiez peut-être avoir ces conversations profondes avec Madame Dupont qui a vécu la guerre, ou Monsieur Martin qui a tant voyagé dans sa jeunesse.
Vous vouliez être cette présence humaine qui fait toute la différence dans des journées qui auraient pu être vides et monotones.
Il y avait aussi probablement cette envie de créer de la joie là où elle pourrait facilement manquer.
Imaginer des activités qui feraient rire les résident.e.s, qui les feraient se sentir vivant.e.s et engagé.e.s, qui mettraient de la couleur dans leur quotidien parfois gris.
Vous vouliez être celle qui apporte cette étincelle de bonheur dans leur journée et celle qui crée ces moments précieux dont ils se souviendraient avec plaisir.
Et tout cela avait du sens à ce moment-là de votre vie.
Ce métier répondait à quelque chose en vous qui avait besoin de s'exprimer, un besoin de contribution, de contact humain authentique et de générosité en action.
Vous voyiez clairement pourquoi vous le faisiez et cela suffisait à nourrir votre motivation jour après jour.
L'image que vous vous faisiez du métier
Rappelez-vous maintenant l'image que vous vous faisiez de ce métier avant de le vivre vraiment au quotidien.
Vous pensiez probablement passer vos journées à créer des animations variées et stimulantes, à proposer des activités adaptées aux envies et aux capacités de chaque résident et à avoir le temps de personnaliser votre approche selon les personnalités et les besoins de chacun.
Vous imaginiez peut-être avoir cette place privilégiée auprès des résident.e.s, être celle qu'ils attendent avec impatience, celle à qui ils se confient naturellement car elle connaît leurs histoires et leurs préférences. Vous vous voyiez tisser des liens durables avec eux pour devenir une présence familière et rassurante dans leur quotidien institutionnel.
Vos idéaux étaient probablement très clairs et lumineux.
Vous vouliez respecter profondément la dignité de chaque personne âgée, ne jamais les infantiliser, toujours les considérer comme des adultes à part entière avec leur histoire unique et leur personnalité propre.
Vous rêviez peut-être de transformer la vie en EHPAD etde prouver qu'on peut vieillir avec joie et sens, même en institution.
Vos valeurs de bienveillance, de respect et d'humanité étaient votre boussole, et vous pensiez pouvoir les incarner pleinement dans ce métier.
La réalité du terrain : quand le métier se transforme
Et puis vous avez commencé à travailler vraiment, et la réalité du terrain s'est imposée à vous avec toute sa complexité et ses difficultés que vous n'aviez pas anticipées.
Quelque chose s'est passé entre vos idéaux du début et la pratique quotidienne du métier, créant progressivement un écart qui s'est creusé avec le temps.
Ce que le quotidien vous a imposé
Le quotidien vous a imposé des contraintes que vous n'aviez pas imaginées au début.
Le manque de budget pour acheter le matériel dont vous auriez besoin pour vos animations, le manque de temps pour préparer correctement vos activités parce qu'il faut aussi gérer la paperasse administrative ou le manque d'espace parfois parce que la salle est occupée ou en travaux.
Vous avez découvert qu'il fallait composer constamment avec moins que ce dont vous auriez besoin pour bien faire votre travail.
Les urgences se sont multipliées et ont pris le pas sur ce qui était prévu.
Un résident qui va mal et qu'il faut accompagner, un conflit à gérer entre deux personnes, une famille mécontente qui demande à vous voir immédiatement...
Votre planning soigneusement établi s'effondre régulièrement, et vous passez votre temps à improviser et à vous adapter plutôt qu'à mettre en œuvre ce que vous aviez préparé avec soin.
Puis il y a eu ces injonctions contradictoires qui vous ont épuisée mentalement :
- On vous demande de faire des animations de qualité mais on ne vous donne pas les moyens.
- On vous dit que votre travail est important mais on ne vous invite pas aux réunions décisives.
- On attend de vous que les résidents participent massivement mais on ne tient pas compte de leur état de fatigue ou de leur envie réelle.
Vous ne savez plus vraiment ce qu'on attend de vous, et cette confusion permanente érode votre confiance en vous.
Et surtout, insidieusement, s'est installé ce poids du »faire » au détriment du »être ».
Il faut faire des animations, remplir le planning d'activités, avoir des chiffres de participation à présenter, prendre des photos pour le rapport, prouver constamment qu'on travaille...
Mais être présente simplement avec les résident.e.s, prendre le temps d'une vraie conversation, s'asseoir à côté de quelqu'un qui a juste besoin d'une présence silencieuse, tout cela ne compte pas vraiment aux yeux de l'institution.
On valorise la quantité d'activités plus que la qualité de la relation, et vous sentez bien que quelque chose d'essentiel se perd dans cette course à la performance.
Ce qui s'est peu à peu effacé
Avec le temps et sous le poids de toutes ces contraintes, certaines choses précieuses se sont peu à peu effacées de votre expérience du métier.
Le plaisir d'abord.
Ce plaisir simple que vous preniez au début à préparer une animation, en voyant les résidents s'amuser alors que vous créiez quelque chose de beau ensemble.
Aujourd'hui vous préparez vos activités par obligation, presque mécaniquement, sans ressentir cette excitation créative qui vous animait avant.
Les animations se suivent et se ressemblent, vous répétez les mêmes schémas parce que vous n'avez plus l'énergie d'innover, et cette routine qui s'est installée a effacé progressivement le plaisir que vous y preniez.
Ensuite, c'est le sentiment d'utilité qui s'est estompé.
Vous voyez bien que certains résidents apprécient ce que vous faites, mais vous voyez aussi tous ceux qui ne viennent jamais ou qui refusent systématiquement de participer.
Vous avez l'impression parfois de vous donner beaucoup de mal pour un impact finalement très limité. Vous vous demandez si ce que vous faites change vraiment quelque chose dans leur vie ou si ce n'est qu'une manière de remplir le temps en attendant.
Cette question lancinante »Est-ce que je sers vraiment à quelque chose ? » s'est installée et ronge votre motivation de l'intérieur.
Enfin, la reconnaissance a aussi disparu progressivement, qu'elle vienne des autres ou de vous-même.
Votre direction ne remarque jamais particulièrement vos efforts ou vos réussites, vos collègues sont trop occupés avec leur propre travail pour vraiment voir ce que vous accomplissez, et les résidents eux-mêmes expriment rarement leur gratitude de manière explicite.
Mais plus grave encore, vous avez aussi cessé de reconnaître vous-même la valeur de votre travail.
Vous ne vous félicitez plus pour une animation réussie, vous ne célébrez plus les petites victoires et vous êtes devenue votre critique la plus sévère en voyant tout ce qui ne va pas plutôt que ce qui fonctionne.
Ce que vous avez peut-être perdu… mais pas définitivement
Maintenant parlons de quelque chose de fondamental qu'il est essentiel que vous compreniez profondément : ce que vous avez l'impression d'avoir perdu n'a pas réellement disparu.
C'est une distinction cruciale à saisir pour pouvoir avancer.
Ce qui a été mis de côté, mais qui n'est pas détruit
Toutes ces compétences humaines que vous avez développées au fil des années sont toujours là en vous, intactes et disponibles.
- Votre capacité à créer du lien avec les résident.e.s,
- votre sensibilité pour percevoir leurs besoins non exprimés,
- votre créativité pour imaginer des activités adaptées,
- votre patience pour accompagner ceux qui sont difficiles,
- votre douceur pour approcher celles et ceux qui sont fragiles.
Tout cela ne s'est pas évaporé simplement parce que vous êtes fatiguée ou découragée.
Ces compétences sont comme des muscles que vous n'utilisez peut-être plus autant qu'avant, mais qui sont prêts à être réactivés dès que vous le déciderez.
Vos valeurs aussi sont toujours vivantes au fond de vous, même si elles semblent fatiguées et recouvertes par les couches successives de déceptions et de frustrations.
- Cette bienveillance profonde envers les personnes âgées qui vous a poussée à choisir ce métier existe toujours.
- Ce respect de leur dignité qui vous tenait tant à cœur au début n'a pas disparu, il s'est juste endormi sous le poids du quotidien difficile.
- Ces valeurs qui vous définissent fondamentalement n'ont pas été détruites par les difficultés, elles attendent simplement que vous leur redonniez de l'espace pour s'exprimer à nouveau.
Et ces élans que vous aviez au début, ce désir ardent de faire du bien autour de vous et de créer de la joie dans la vie des résidents, ils dorment mais n'ont jamais vraiment disparu.
Ils sont comme une flamme qui vacille sous le vent mais qui peut être ravivée si on la protège et qu'on lui redonne de l'oxygène.
Ces élans sont votre essence profonde, ce qui vous a amenée ici au départ, et ils peuvent être réveillés quand vous serez prête à les accueillir à nouveau.
Comprendre que le sens évolue naturellement
Il y a quelque chose d'important à comprendre et à accepter : le sens que vous donniez à votre travail il y a un an, deux ans ou cinq ans n'est pas forcément le même sens qui vous convient aujourd'hui.
Vous n'êtes plus la même personne qu'au début de votre carrière.
Vous avez vécu des choses, vous avez mûri, vos priorités ont peut-être changé et votre vision du monde s'est affinée.
Il est donc parfaitement normal et même sain que le sens que vous cherchez dans votre métier évolue aussi avec le temps.
Vous pouvez tout à fait redéfinir votre mission dans ce métier sans pour autant renier votre passé ou trahir vos idéaux de départ.
Ce n'est pas abandonner ce que vous étiez, c'est simplement reconnaître qui vous êtes devenue et ce dont vous avez besoin aujourd'hui pour vous sentir alignée avec vous-même.
Peut-être qu'au début vous vouliez changer la vie de tous les résidents, et qu'aujourd'hui vous réalisez qu'il vous suffirait de toucher vraiment quelques personnes en profondeur.
Peut-être qu'avant vous vouliez multiplier les animations spectaculaires, et qu'aujourd'hui vous préféreriez la qualité de la relation à la quantité d'activités.
Ces évolutions sont légitimes et même nécessaires.
Retrouver du sens ne veut absolument pas dire revenir en arrière vers cette version idéalisée de votre début de carrière.
Vous ne pouvez pas redevenir cette personne que vous étiez avant d'avoir vécu tout ce que vous avez vécu, et ce serait d'ailleurs inutile d'essayer.
Retrouver du sens signifie plutôt construire un nouveau sens qui intègre à la fois vos valeurs fondamentales qui n'ont pas changé et votre réalité actuelle avec toute l'expérience et la sagesse que vous avez acquises.
C'est créer une synthèse entre qui vous étiez, qui vous êtes devenue et qui vous voulez être dans votre métier désormais.
Plan d'actions : écrivez votre histoire professionnelle en 10 lignes
Maintenant nous arrivons au cœur concret et pratique de cet article. Je vais vous proposer un exercice simple mais puissant qui va vous permettre de vous reconnecter avec votre fil conducteur professionnel et de clarifier ce qui compte vraiment pour vous aujourd'hui.
L'exercice des 10 lignes
Prenez une feuille de papier ou ouvrez un document sur votre ordinateur, et installez-vous dans un endroit calme où vous ne serez pas dérangée pendant une vingtaine de minutes.
Vous allez écrire votre histoire professionnelle en seulement 10 lignes, structurées de cette manière précise :
3 lignes pour répondre à : pourquoi ai-je choisi ce métier au départ ?
Écrivez les raisons profondes qui vous ont poussée à devenir animatrice en EHPAD.
Pas les raisons pratiques comme »j'avais besoin de travailler » ou »c'était le seul poste disponible », mais les vraies raisons qui touchaient à vos valeurs et à vos aspirations.
- Qu'est-ce qui vous a attirée vers ce métier spécifiquement ?
- Qu'espériez-vous y trouver ou y apporter ?
- Quel besoin personnel ou quelle envie profonde ce choix venait-il combler en vous ?
4 lignes pour répondre à : qu'ai-je vécu, appris et traversé depuis que je fais ce métier ?
Racontez honnêtement votre parcours sans édulcorer les difficultés mais sans non plus oublier les moments positifs.
- Qu'avez-vous découvert sur ce métier que vous ne saviez pas au début ?
- Qu'avez-vous appris sur vous-même à travers ces années de pratique ?
- Quelles épreuves avez-vous traversées et comment vous ont-elles transformée ?
- Quelles compétences avez-vous développées ?
- Quels moments vous ont particulièrement marquée, en bien ou en mal ?
3 lignes pour répondre à : qu'est-ce que je veux encore apporter aujourd'hui dans mon métier ?
Projetez-vous dans le présent et le futur proche. Avec tout ce que vous savez maintenant de ce métier et de vous-même, qu'avez-vous encore envie d'apporter ?
- Qu'est-ce qui vous semble essentiel de préserver ou de cultiver dans votre pratique ?
- Qu'est-ce qui vous ferait vous lever le matin avec davantage d'entrain ?
- Quelle serait votre contribution idéale si vous pouviez choisir librement sans toutes les contraintes actuelles ?
Ne cherchez pas à écrire de belles phrases littéraires ou à impressionner qui que ce soit.
Écrivez simplement et honnêtement, avec vos mots à vous. Cet exercice n'est que pour vous, personne d'autre n'a besoin de le lire.
Laissez venir les mots sans trop réfléchir, faites confiance à ce qui monte spontanément en vous.
Comment utiliser ce texte précieux
Une fois que vous aurez écrit ces 10 lignes, ne les rangez surtout pas dans un tiroir en pensant que l'exercice est terminé.
Ce texte que vous venez de créer est bien plus qu'un simple exercice d'écriture, c'est devenu votre boussole personnelle pour naviguer dans les moments difficiles de votre métier.
Gardez ce texte accessible et relisez-le régulièrement, particulièrement quand votre motivation baisse dangereusement ou quand vous vous sentez perdue dans votre travail.
Ces 10 lignes vont vous rappeler d'où vous venez, ce que vous avez traversé et où vous voulez aller. Elles vont vous reconnecter à votre fil conducteur quand vous avez l'impression de l'avoir complètement perdu dans le chaos du quotidien.
Utilisez-le comme un outil de décision quand vous devez faire des choix professionnels.
Quand on vous propose de participer à un nouveau projet, quand vous hésitez à vous former sur un sujet particulier ou quand vous devez choisir entre différentes tâches, relisez vos 10 lignes et demandez-vous : est-ce que ce choix me rapproche de ce que je veux encore apporter aujourd'hui ou au contraire m'en éloigne ?
Cette clarification simple peut vous aider à prendre des décisions plus alignées avec ce qui compte vraiment pour vous.
Servez-vous de ce texte pour identifier concrètement ce que vous voulez nourrir à nouveau dans votre quotidien.
En relisant particulièrement vos 3 dernières lignes sur ce que vous voulez encore apporter, vous allez probablement repérer des aspects de votre métier que vous aviez laissés de côté et qui vous manquent.
Peut-être est-ce le temps passé en relation individuelle avec les résidents, peut-être est-ce la créativité dans la préparation des animations, peut-être est-ce le travail en équipe avec vos collègues.
Identifiez clairement ces éléments qui vous nourrissent et cherchez des moyens, même modestes, de leur redonner de la place dans votre pratique.
Une action simple à poser dès cette semaine
Maintenant que vous avez écrit vos 10 lignes et identifié ce qui compte vraiment pour vous, il est temps de passer à l'action concrètement, même de manière très modeste.
Choisissez un seul geste, un seul moment ou une seule posture que vous allez mettre en œuvre dès cette semaine et qui soit en cohérence directe avec ce que vous avez écrit dans vos 10 lignes.
Un seul, parce que nous cherchons ici l'efficacité et la durabilité plutôt que l'épuisement dans des changements trop ambitieux.
Ce geste doit être petit, réaliste et vraiment faisable dans votre contexte actuel avec toutes ses contraintes.
Par exemple, si vous avez écrit que vous vouliez retrouver davantage de lien authentique avec les résidents, votre action pourrait être : »Cette semaine, je vais prendre 10 minutes après chaque animation pour discuter vraiment avec un ou deux résidents qui sont restés, sans me précipiter vers la tâche suivante. »
Si vous avez écrit que vous vouliez retrouver du plaisir dans la créativité, votre action pourrait être : »Cette semaine, je vais essayer une seule nouvelle activité que j'ai envie de tester depuis longtemps, même si je ne suis pas sûre que ça marche. »
L'important n'est pas l'ampleur du changement mais sa cohérence avec ce qui compte pour vous et sa faisabilité réelle.
Mieux vaut un tout petit changement que vous maintiendrez, qu'un grand bouleversement que vous abandonnerez au bout de deux jours par épuisement ou découragement.
Puis, et c'est crucial, observez attentivement ce que cette action change en vous. Comment vous sentez-vous en la mettant en œuvre ?
- Est-ce que cela rallume quelque chose en vous, même une toute petite étincelle ?
- Est-ce que vous ressentez davantage de cohérence entre ce que vous faites et ce que vous êtes ?
- Est-ce que votre niveau d'énergie ou de motivation est différent, même légèrement ?
Prenez quelques minutes en fin de semaine pour noter ces observations, elles vous indiqueront si vous êtes sur la bonne piste ou s'il faut ajuster.
Pour conclure...
Nous voici arrivées au terme de ce cheminement ensemble, et j'espère sincèrement que quelque chose s'est éclairci pour vous pendant cette lecture et cet exercice d'écriture.
Comprenez bien ceci : le sens ne disparaît jamais vraiment, même si vous avez parfois l'impression qu'il s'est complètement évaporé.
Il se déplace au fil de votre évolution personnelle et professionnelle, il se fatigue sous le poids des difficultés accumulées et du quotidien éprouvant et il se cache derrière les frustrations, les déceptions et les contraintes qui s’empilent.
Mais il est toujours là, quelque part en vous, attendant simplement que vous lui redonniez de l'espace et de l'attention pour se manifester à nouveau.
Revenir à votre propre histoire professionnelle comme vous venez de le faire en écrivant ces 10 lignes, c'est reprendre contact avec ce qui compte vraiment pour vous au-delà du bruit et de l'agitation du quotidien.
C'est vous reconnecter à votre fil conducteur qui existe depuis le début et qui peut vous guider à nouveau si vous acceptez de l'écouter.
C'est honorer tout le chemin que vous avez parcouru, avec ses hauts et ses bas, ses réussites et ses échecs, et avec ses moments de grâce et ses périodes de découragement.
Et voici ce que l'expérience m'a appris au fil des années : retrouver du sens commence presque toujours par quelque chose de très simple.
Ce n'est généralement pas un grand bouleversement spectaculaire ou une révélation fulgurante qui change tout d'un coup.
C'est beaucoup plus souvent un petit geste cohérent posé avec conscience, une décision modeste mais alignée, un moment de présence authentique retrouvé.
C'est se souvenir pourquoi on est là au départ, reconnaître honnêtement ce qu'on a traversé, et choisir consciemment ce qu'on veut encore apporter maintenant.
Alors gardez précieusement ces 10 lignes que vous avez écrites.
Relisez-les quand vous doutez. Ajustez-les si nécessaire au fil du temps parce que vous continuerez d'évoluer. Et surtout, posez ces petites actions cohérentes, une après l'autre, qui vont progressivement vous ramener vers ce qui vibre en vous.
Vous n'avez pas perdu votre vocation définitivement.
Elle est juste fatiguée et endormie, et vous avez tout ce qu'il faut en vous pour la réveiller doucement.
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