Vous voici en réunion d'équipe. Autour de la table : l'infirmière coordinatrice, le médecin, la psychologue, l'ergothérapeute, la kinésithérapeute. Et vous, l'animatrice.
L'infirmière parle de soins. Le médecin parle de traitements. La psychologue parle d'évaluation cognitive. Tout le monde a l'air très important, très professionnel, très légitime.
Et vous ? Vous parlez de... loto. D'atelier peinture. De fête de la musique.
Vous vous sentez petite. Vous avez l'impression que ce que vous faites, ce n'est pas vraiment sérieux. Pas vraiment important. Pas vraiment à la hauteur des « vrais » professionnels autour de la table.
Alors vous vous taisez. Vous prenez peu de place. Vous attendez qu'on vous donne la parole. Et quand on vous la donne, vous minimisez : « Ah, ben moi, je fais juste des petites activités, rien d'extraordinaire... »
Vous vous effacez. Par peur de déranger. Par peur de ne pas être légitime. Par peur d'être ridicule.
Aujourd'hui, on va régler ce problème. Parce que vous avez votre place dans cette équipe. Une vraie place. Une place importante. Une place essentielle, même.
Mais pour l'occuper, il faut arrêter de vous effacer. Il faut apprendre à exister professionnellement. Sans vous battre. Sans vous justifier en permanence. Juste en étant pleinement ce que vous êtes : un.e professionnel(le) de l'animation.
Pourquoi vous avez du mal à trouver votre place
La hiérarchie invisible des métiers
Parlons franchement : il existe une hiérarchie invisible dans le monde de la santé. Une hiérarchie non dite, mais que tout le monde ressent.
En haut de la pyramide : le médecin. Ensuite, l'infirmier/ère. Puis les autres soignants. Et tout en bas, loin, très loin... les métiers « non soignants ». Dont l'animation.
Cette hiérarchie est absurde. Complètement absurde. Parce qu'elle hiérarchise des métiers qui ne sont pas comparables. C'est comme comparer un violoniste et un pianiste. Ils ne font pas la même chose. Ils sont tous les deux essentiels à l'orchestre.
Mais voilà, cette hiérarchie existe. Dans les regards. Dans les attitudes. Dans la façon dont on vous parle. Ou dont on ne vous parle pas.
Vous l'avez senti, n'est-ce pas ? Ce petit mépris à peine voilé quand vous expliquez que vous êtes animateur/trice. Cette façon qu'ont certains soignants de vous interrompre en plein atelier parce que « eux ont du vrai travail ». Cette manière qu'a la direction de rogner d'abord sur votre budget quand il faut faire des économies.
Comme si ce que vous faisiez était accessoire. Secondaire. Moins important que les « vrais » soins.
Et le pire, c'est que vous avez fini par intégrer cette hiérarchie. Vous avez fini par penser que oui, effectivement, votre métier est moins important. Moins noble. Moins professionnel.
Alors vous vous faites tout petit.e. Vous vous excusez d'exister. Vous minimisez votre rôle. Vous vous effacez.
Mais laissez-moi vous dire quelque chose : cette hiérarchie est une construction sociale. Ce n'est pas une vérité. Les résidents se fichent éperdument de cette hiérarchie. Pour eux, vous êtes aussi important.e que l'infirmière. Parfois même plus, parce que vous, vous leur apportez quelque chose qui manque cruellement dans beaucoup d'EHPAD : de la vie. De la joie. Du sens.
Le syndrome de l'imposteur version EHPAD
Il y a un truc qu'on appelle le « syndrome de l'imposteur ». C'est cette impression permanente que vous n'êtes pas légitime, que vous allez être « démasqué.e », que vous ne méritez pas votre place.
Dans le monde de l'animation en EHPAD, ce syndrome est hyper répandu. Et je vais vous dire pourquoi.
D'abord, parce que votre métier est mal défini. Tout le monde sait ce que fait un médecin, une infirmière, un kiné. Mais un animateur ? Ça dépend. Ça dépend de l'établissement, de la direction, de vous-même. Il n'y a pas de consensus clair sur ce qu'on attend de vous. Résultat : vous naviguez à vue, vous improvisez, et vous avez toujours cette petite voix qui vous dit « Je ne sais pas si je fais bien mon travail. »
Ensuite, parce qu'on ne vous a peut-être pas formé.e. Combien d'animateurs en EHPAD n'ont aucun diplôme dans l'animation ? Combien sont arrivés là « par hasard », parce qu'il y avait un poste, parce qu'il fallait travailler ? Vous faites de votre mieux, mais vous avez l'impression de ne pas avoir les « bonnes » compétences, les « bons » diplômes. Vous vous sentez illégitime.
Enfin, parce que votre travail n'est pas facilement mesurable. Un médecin prescrit un traitement, le patient va mieux, succès mesurable. Une infirmière fait un soin, la plaie cicatrise, succès mesurable. Mais vous ? Vous organisez un atelier chant. Les résidents ont souri. C'est quoi le « résultat » ? Comment on le mesure ? Comment on prouve que c'était « utile » ?
Vous ne pouvez pas. Alors vous doutez. Vous vous demandez si ce que vous faites sert vraiment à quelque chose. Et ce doute vous pousse à vous effacer.
Les dynamiques d'équipe complexes
Une équipe en EHPAD, c'est complexe. Il y a des enjeux de pouvoir. Des conflits latents. Des alliances. Des rivalités. Des personnalités fortes. Des susceptibilités.
Et vous, vous arrivez là-dedans. Souvent jeune. Souvent novice. Souvent sans réseau dans l'établissement. Vous êtes le petit nouveau, la petite nouvelle.
Vous ne connaissez pas les codes. Vous ne savez pas qui il faut ménager, qui il ne faut pas contrarier, comment ça fonctionne vraiment. Vous apprenez sur le tas. En faisant des erreurs. En marchant sur des pieds sans le vouloir.
Et parfois, vous tombez sur des équipes difficiles. Des équipes où il y a une « chef » informelle qui décide de tout. Des équipes où les nouveaux ne sont pas les bienvenus. Des équipes où on vous teste, on vous challenge, on vous met à l'épreuve.
Alors vous adoptez une stratégie de survie : vous vous faites invisible. Vous ne faites pas de vagues. Vous dites oui à tout. Vous évitez les conflits. Vous ne prenez pas de place.
Sauf que cette stratégie, elle a un coût : vous n'existez pas vraiment. Vous êtes là, mais vous n'êtes pas présent.e. Vous faites votre boulot, mais vous ne le faites pas pleinement. Vous survivez, mais vous ne vivez pas votre métier.
Et au bout d'un moment, ça vous use. Parce qu'on ne peut pas s'effacer indéfiniment sans y laisser une partie de soi.
Plan d'actions pour exister sans s'effacer
Bon, ça suffit de se faire tout petit.e. On va apprendre à prendre sa place. Mais intelligemment. Pas en devenant arrogant.e ou agressif/ve. Juste en étant pleinement, sereinement, ce que vous êtes.
Clarifier sa place (savoir où on se situe)
Première étape : clarifier votre rôle et votre place dans l'équipe. Parce qu'on ne peut pas occuper une place qu'on ne connaît pas.
Posez-vous ces questions :
- 1. Quelle est ma mission officielle ?
Reprenez votre fiche de poste. Lisez-la vraiment. Qu'est-ce qui est écrit ? Quelle est votre mission selon l'établissement ? Parfois, on découvre qu'on fait plein de choses qui ne sont pas dans notre mission. Ou qu'on ne fait pas des choses qui devraient l'être.
- 2. Quelle est ma vraie valeur ajoutée ?
Qu'est-ce que vous apportez que personne d'autre n'apporte dans cette équipe ? La joie ? Le lien social ? La stimulation cognitive ? L'adaptation individuelle ? L'écoute ? Identifiez clairement votre valeur. Écrivez-la. Ancrez-la en vous.
- 3. Où commence et où s'arrête mon espace ?
Qu'est-ce qui relève de votre responsabilité ? Qu'est-ce qui relève de la responsabilité des autres ? Soyez clair.e sur les frontières. Parce qu'une place, ça a des limites. Et c'est OK. Vous n'êtes pas responsable de tout. Juste de votre part.
- 4. Avec qui je collabore et pourquoi ?
Identifiez vos interlocuteurs clés. L'infirmière coordinatrice pour les informations sur les résidents. La psychologue pour les évaluations. L'équipe soignante pour la logistique. La direction pour les budgets.
Clarifiez ces liens. Ça vous donnera de la structure.
Une fois que c'est clair pour vous, formalisez-le.
Écrivez un petit document (une page suffit) qui résume :
- Votre mission
- Vos responsabilités
- Vos interlocuteurs clés
- Vos limites
Gardez-le. Relisez-le quand vous doutez. Et si nécessaire, partagez-le avec votre direction pour validation. Ça vous donnera une base solide sur laquelle vous appuyer.
Affirmer son rôle (sans agressivité ni excuses)
Maintenant qu'on sait où on se situe, on va apprendre à affirmer ce rôle. À exister pleinement dans ce rôle. Sans s'excuser. Sans minimiser. Mais sans agressivité non plus.
Voici comment faire :
- 1. Arrêtez de vous excuser d'exister
Combien de fois par jour vous dites « Excusez-moi de vous déranger mais... » ? Combien de fois vous minimisez votre travail avec des « C'est juste un petit atelier » ou « Je ne fais rien d'extraordinaire » ?
Arrêtez. Vraiment. Arrêtez.
Remplacez :
« Excusez-moi de vous déranger, mais j'aurais besoin d'une info sur Mme Martin. »
Par :
« Bonjour, j'ai besoin d'une information sur Mme Martin pour préparer l'atelier de demain. »
Vous voyez la différence ? Pas d'excuse. Pas de minimisation. Juste un constat factuel de votre besoin professionnel. Vous avez le droit d'avoir besoin d'informations. Vous faites votre travail.
- 2. Parlez de votre travail avec fierté
En réunion, quand on vous demande ce que vous faites, ne dites pas « Oh, juste quelques petites activités... »
Dites : « J'ai organisé trois ateliers cette semaine : un atelier réminiscence qui a particulièrement touché Mme Leblanc, un atelier jardinage où M. Durand s'est vraiment investi, et une sortie au marché qui a été très appréciée. Je travaille aussi sur un projet de jardin thérapeutique pour le printemps. »
Factuel. Précis. Professionnel. Sans minimiser, sans en faire des tonnes non plus.
- 3. Utilisez le vocabulaire professionnel
Vous ne faites pas « des petits jeux ». Vous proposez des activités thérapeutiques non médicamenteuses. Vous ne faites pas « passer le temps ». Vous mettez en place des interventions de stimulation cognitive et de maintien du lien social.
Le vocabulaire compte. Il vous donne de la légitimité. Pas pour impressionner. Pour être pris.e au sérieux.
- 4. Posez des limites quand c'est nécessaire
Une infirmière vous demande de surveiller un résident pendant qu'elle fait autre chose ? Ce n'est pas votre rôle. Dites-le. Calmement mais fermement : « Je comprends que tu aies besoin d'aide, mais la surveillance relève du domaine soignant, pas de l'animation. Je ne peux pas assurer ça. »
Poser des limites, ce n'est pas être désagréable. C'est protéger votre rôle et votre légitimité.
- 5. Prenez la parole en réunion
N'attendez pas qu'on vous donne la parole. Prenez-la. « J'aimerais ajouter quelque chose sur la situation de M. Bertrand... » Votre point de vue compte. Vous côtoyez les résidents différemment des soignants. Vous avez des observations précieuses. Partagez-les.
Ajuster sa posture relationnelle (ni trop ni trop peu)
Dernière étape : trouver le bon équilibre relationnel. Ni trop effacé.e, ni trop dans la confrontation.
C'est un équilibre délicat. Mais c'est possible. Voici comment.
La règle des 3 C : Courtoisie, Clarté, Constance
- Courtoisie
Soyez toujours courtois.e, respectueux/se. Même quand vous n'êtes pas d'accord. Même quand on vous manque de respect. La courtoisie n'est pas de la faiblesse. C'est du professionnalisme. « Je comprends ton point de vue, mais je ne suis pas d'accord pour cette raison... »
- Clarté
Soyez clair.e dans votre communication. Ne laissez pas de place à l'interprétation. Si vous avez besoin de quelque chose, dites-le. Si quelque chose ne va pas, dites-le. Si vous êtes content.e de quelque chose, dites-le aussi. La clarté évite les malentendus et les rancoeurs.
- Constance
Soyez constant.e dans votre posture. Ne changez pas selon les personnes. Ne soyez pas effacé.e avec certains et affirmé.e avec d'autres. Trouvez votre posture et tenez-la. Ça crée de la fiabilité, de la confiance.
Comment gérer les personnalités difficiles :
La personne qui vous interrompt tout le temps : « Laisse-moi finir, s'il te plaît. Ensuite tu pourras réagir. » Calmement. Sans agressivité. Mais fermement.
La personne qui minimise votre travail : Ne vous justifiez pas. Ne rentrez pas dans le débat. Restez factuel : « Mon rôle est d'assurer l'animation et le lien social. C'est ce que je fais. » Point.
La personne qui vous demande toujours plus : « Je comprends que ce serait utile, mais ça ne fait pas partie de mes missions actuelles. Si tu veux que je le fasse, il faudra en discuter avec la direction pour réorganiser mon planning. »
La personne qui ne vous respecte pas : Adressez-vous à lui directement, en privé si possible : « J'ai remarqué que tu me coupes souvent la parole en réunion. J'aimerais qu'on puisse avoir des échanges plus respectueux. » Si ça continue, escaladez vers la direction.
Trouvez vos alliés
Dans chaque équipe, il y a des gens avec qui le courant passe mieux. Identifiez-les. Cultivez ces relations. Prenez un café avec eux. Échangez. Créez des liens. Ces alliés seront précieux quand vous aurez besoin de soutien.
Construire sa légitimité au quotidien
La collaboration plutôt que la confrontation
Voici une vérité importante : vous n'avez pas besoin de vous battre contre les autres pour exister. Vous n'êtes pas en compétition avec les soignants, avec la psychologue, avec qui que ce soit.
Vous êtes dans la même équipe. Vous travaillez pour les mêmes personnes : les résidents. Vous avez juste des rôles différents.
Alors au lieu de voir les autres comme des obstacles à votre légitimité, voyez-les comme des partenaires.
Comment créer de la collaboration :
- Proposez des projets communs
Un atelier jardinage en collaboration avec l'ergothérapeute ? Un groupe de parole animé avec la psychologue ? Une sortie organisée avec l'aide des soignants ? Les projets communs créent du lien. Et ils montrent votre capacité à travailler en équipe.
- Partagez vos observations
Vous voyez les résidents sous un angle différent. Partagez vos observations avec l'équipe soignante. « J'ai remarqué que Mme Martin semble plus confuse le matin. Vous avez remarqué ça aussi ? » Ça montre votre professionnalisme et votre attention.
- Demandez des conseils
Oui, demander des conseils. Ça ne vous rend pas faible. Au contraire. Ça montre que vous êtes humble et que vous cherchez à vous améliorer. « Tu as des suggestions pour adapter mon atelier à M. Durand qui a des troubles visuels ? »
- Reconnaissez le travail des autres
Un petit « Merci pour ton aide sur ce dossier » ou « Tu as fait un super travail avec Mme Leblanc ce matin ». Ça coûte rien. Et ça crée de la bienveillance.
La collaboration construit votre légitimité bien plus efficacement que la confrontation. Parce qu'elle vous positionne comme un.e professionnel(le) mature, capable de travailler avec les autres, pas contre les autres.
Votre valeur n'a pas besoin d'être prouvée en permanence
Dernière chose, et c'est peut-être la plus importante : arrêtez d'essayer de prouver votre valeur en permanence.
Vous n'avez pas besoin de faire toujours plus pour être légitime. Vous n'avez pas besoin d'organiser 20 activités par semaine pour prouver que vous êtes utile. Vous n'avez pas besoin de vous tuer à la tâche pour mériter votre place.
Votre valeur est intrinsèque. Elle ne dépend pas de ce que les autres pensent de vous. Elle ne dépend pas du nombre d'activités que vous faites. Elle dépend de qui vous êtes et de ce que vous apportez aux résidents.
Et ce que vous apportez, c'est énorme. C'est de la vie. De la joie. Du lien. Du sens. Dans des endroits où tout ça manque cruellement.
Alors oui, occupez votre place. Pleinement. Mais sans vous épuiser à la prouver. Votre place existe parce que vous existez. Pas parce que vous vous surmener pour la justifier.
Faites votre travail. Faites-le bien. Avec cœur. Avec professionnalisme. Et ça suffira. Largement.
Ceux qui ne reconnaissent pas votre valeur, ce n'est pas votre problème. C'est le leur. Ne vous épuisez pas à essayer de convaincre ceux qui ne veulent pas être convaincus.
Concentrez votre énergie sur ceux qui vous voient. Sur ceux qui vous apprécient. Sur les résidents qui sourient quand vous arrivez. Sur les collègues qui vous respectent. Sur votre direction si elle vous soutient.
Et pour les autres ? Continuez juste à faire votre travail. Votre travail parle pour vous.
Conclusion : vous avez votre place, occupez-la
On arrive au bout. Et j'aimerais vous laisser avec cette certitude : vous avez votre place dans cette équipe.
Vous n'êtes pas là par hasard. Vous n'êtes pas un accessoire. Vous n'êtes pas secondaire. Vous êtes essentiel(le).
Essentiel(le) parce que sans vous, il n'y a plus d'animation. Plus de vie sociale. Plus de stimulation. Plus de projets. Plus de fêtes. Plus de sorties. Plus de moments de joie partagée. Il reste juste les soins. Et les soins seuls, ce n'est pas une vie.
Alors arrêtez de vous effacer. Arrêtez de vous excuser d'exister. Arrêtez de minimiser ce que vous faites.
Clarifiez votre place. Affirmez votre rôle. Ajustez votre posture. Et occupez pleinement l'espace qui est le vôtre.
Pas avec arrogance. Pas avec agressivité. Mais avec sérénité. Avec professionnalisme. Avec la certitude tranquille que vous faites un travail important. Un travail qui compte. Un travail qui change des vies.
Cette semaine, je vous propose un défi : prenez la parole une fois. En réunion, dans le couloir, peu importe. Prenez la parole pour partager une observation, pour proposer une idée, pour dire ce que vous pensez. Sans vous excuser. Sans minimiser.
Juste en étant pleinement vous-même. Pleinement professionnel(le).
Et voyez ce qui se passe.
Je parie que vous allez découvrir quelque chose : les gens vous écoutent plus que vous ne le pensez. Votre parole a du poids. Vous avez juste besoin de la prendre.
Votre place existe. Elle vous attend. Occupez-la.
P.S. : Si vous avez réussi à affirmer votre place, même un peu, racontez-nous en commentaire. Comment ça s'est passé ? Qu'est-ce qui a changé ? Vos témoignages peuvent inspirer d'autres animatrices qui n'osent pas encore.
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